Les torchons et les serviettes…

La Société des Agrégés (qui heureusement n’est pas représentative de leur profession !) dénonce avec véhémence je cite :  « l’injustice subie par les agrégés lors du mouvement : tandis que le texte réglementaire dispose que l’affectation en collège des agrégés reste exceptionnelle, ce sont près de 25% de titulaires et 33% des stagiaires qui sont affectés au collège, sans l’avoir expressément demandé voire, sans avoir su qu’une telle affectation était possible. »

Alors là vraiment, j’en reste baba !
Donc, si je comprends bien, il existe des agrégés (bac +5 mini et titulaires d’un concours hyper-sélectif) qui ne savent même pas en s’inscrivant au concours qu’ils peuvent , s’ils l’obtiennent, être nommés dans des établissements de type « collège ». Voire même peut-être en ZEP ! (Horreur, malheur !)
Avec une telle méconnaissance du système scolaire français, je me demande comment ils l’ont eu ce concours.

Ah, mais oui, bien sûr ! Le système éducatif français, c’est le cadet de leurs soucis. L’important (pour la société des agrégés, hein, pas pour l’ensemble des agrégés ! Y’en a des bien !) ce n’est pas l’établissement, les gosses ou de telles triviales considérations, c’est leur haute compétence disciplinaire.

Ce sont de supers enseignants, dotés de supers pouvoirs. Des gens capables de vous faire une dissertation de 7 heures sur « Les généraux romains et l’Occident (-197 / 192) ». (Je déconne pas, tous les sujets de toutes les matières sont en ligne).
Les envoyer, comme ça, dans un collège de ZEP de la grande couronne, c’est quand même pas sympa. C’est du gâchis.
C’est vrai quoi, c’est pas comme si les élèves en super difficulté n’avaient pas besoin de supers-profs dotés de supers pouvoirs.

Ou alors c’est que l’élite des enseignants n’a pas envie de se mélanger avec la plèbe des certifiés qui ont seulement bac +5 et un concours très sélectif.
Ou que dans les collèges on ne peut pas gagner plein de sous en faisant des kholles tous les mercredis et n’enseigner que quelques heures à une classe de prépa hyper-motivée dans laquelle on ne croise jamais un Kévin.

Mais ça ne peut pas être pour ces raisons là, rassurez-moi ?

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Mise à jour (08/02/2014) : je vous en prie, allez lire la belle prose d’une véritable agrégée comme je les aime. Elle répond de façon magistrale à la mesquinerie sordide de certains de nos « collègues »…

[Méthode] Quand j’ai pas d’arguments, j’en invente.

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Je sais, c’est facile, parce qu’il m’énerve toujours cet homme là.
Ça doit être sa moustache.
Ou ce qu’il dit.
Ou ce qu’il pense.
Je ne sais pas.
Toujours est-il que dès que je lis un article de lui (heureusement pour ma santé, j’évite de le faire en général), je ressors mon « Petit recueil de 18 moisissures argumentatives pour concours de mauvaise foi » en guise d’ex-voto.

Pourquoi en parler aujourd’hui ?
Parce que là, on n’est même plus dans la mauvaise foi, mais dans le mensonge.

Ce monsieur est très en colère parce que l’Éducation nationale expérimente dans 117 établissements le fait qu’en fin de 3e les parents puissent décider, in fine, de l’orientation de leurs enfants.
Son argument-massue pour s’opposer vaillamment à cette expérimentation ?
« Les métaphores valent ce qu’elles valent, mais imaginez que la décision d’opérer votre gosse de l’appendicite – ou de le renvoyer dans ses foyers – ne dépende plus du chirurgien, mais de la volonté de ses géniteurs. »

Ce brave homme est agrégé et docteur en lettres. C’est heureux parce que s’il avait été docteur en médecine, il y a belle lurette qu’il aurait été viré de l’Ordre des Médecins.
En effet, un petit tour sur le site de cette vénérable institution permet de rappeler que « Le médecin qui soigne un mineur doit une information loyale et précise aux parents et titulaires de l’autorité parentale. Leur consentement lui est nécessaire pour agir. »

Et comme moi je n’invente pas, et que je cite toujours mes sources, je lui conseille la lecture (ça il doit savoir faire) de la référence suivante :
E. DUSEHU, « Soins aux patients mineurs – consentement des représentants légaux », rapport adopté par le Conseil national de l’Ordre des médecins lors de sa session des 31 janvier et 1er février 2002.

Le reste de l’article de Jean-Paul Brighelli n’a aucun intérêt …

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Source de l’image : EuroNews