Presse de caniveau

Il y a exactement 46 ans, un terrible accident coûtait la vie à un couple et à son chauffeur. Les trois enfants qui se trouvaient à l’arrière ont miraculeusement survécu mais les trois adultes à l’avant n’ont eu aucune chance en s’encastrant sous le camion.
La femme qui meurt cette nuit là est une femme libre, belle et très intelligente : elle parle 5 langues, joue du piano, du violon. Elle est aussi comédienne, chanteuse… C’était une femme, une mère mais elle avait aussi une soif de liberté et d’indépendance qui cadrait mal avec son époque.


À l’occasion de l’anniversaire de cet accident, le journal Le Point a commis l’un des textes les plus dégueulasse qui soient.
Je vous en épargne la lecture, avec ces quelques extraits vous aurez compris :
– « 163 de QI et 115 de tour de poitrine – et pas l’inverse, malheureusement »
– « écrasement du crâne avec extirpation du cerveau ». Au moins cette blonde en avait-elle un ! »
– « Elle parle couramment cinq langues, joue des morceaux classiques au piano et au violon. Pour compléter ses talents, elle est également exhibitionniste et nymphomane. Bref, la femme parfaite. »

Je rêve un instant que les deux abrutis qui ont commis ce texte (parce qu’en plus il a fallu qu’ils se mettent à deux pour écrire ce torchon) vont croiser un jour l’un des trois gosses qui se trouvaient à l’arrière de la Buick de Jayne Mansfield cette nuit là.

 

 

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Les torchons et les serviettes

Quand je lis sous le clavier d’un enseignant la phrase suivante…
« des élèves incapables de le réussir car n’étant pas à leur place au collège (élèves relevant de SEGPA par exemple). »
…je ne sais pas si je suis plus énervée que honteuse ou l’inverse.

Comment ça j’ai sorti la phrase de son contexte ?
Oui, mais si je vous donne le contexte ça va être pire.

Tant pis pour vous, vous l’aurez voulu.

– « Faire progresser ce taux devient une obsession pour la plupart des collèges. […]
Concernant la forme de ces évaluations, les évolutions sont aussi nécessaires. Doivent-elles n’être que des épreuves écrites conçues comme l’aboutissement de quatre années de collège ? Doivent-elles s’ouvrir à d’autres disciplines ou portées sur des projets interdisciplinaires, sur des projets personnels, des chefs-d’œuvre ? »

– « Quel tissu de bêtises… Personnellement, je ne suis pas obsédée par le taux de réussite au DNB dans mon collège (et mes collègues non plus). Le plus souvent, mes élèves qui ratent le DNB sont soit des élèves refusant de faire le moindre travail (et donc, ils ne font pas non plus de projets personnels ou interdisciplinaires et encore moins des chefs-d’œuvre), soit des élèves incapables de le réussir car n’étant pas à leur place au collège (élèves relevant de SEGPA par exemple). »

Voila.
C’est pire.

Histoire de France, De la Gaule à nos jours par Ernest Lavisse et….Dimitri Casali

Au secours !

« Paru en 1913, ce classique est augmenté d’un prolongement inédit de l’historien Dimitri Casali qui reprend là où E. Lavisse s’est arrêté, en 1939, et se poursuit jusqu’en 2012. »
Heureusement que Casali est là…. ou comment se faire du pognon et être reçu dans les médias quand on est un pseudo historien réactionnaire.
Et ça tombe bien, pile-poil au moment où, soit-disant, les jeunes français n’aiment plus l’histoire, à cause des pédagolâtres et autres pourfendeurs de la chronologie et du roman national.

« (…) aux parents d’aujourd’hui, déconcertés devant le contenu des manuels scolaires, il sera un outil merveilleux de clarté et de simplicité.« 
Que le type de chez Armand Colin qui a écrit ça se dénonce immédiatement !

(07/09/2013) Ajout : La lecture de cet article détaillé vous permettra de vous faire sans doute une meilleure idée de mon énervement !